Contributo per Pipol 2017

« Travailleur tranquille, rien ne laissait transparaître son geste extrême… »  par Maurizio Montanari

C’est avec ces mots que sont souvent décrits les citoyens anonymes qui, à la suite d’un licenciement, s’emparent d’une arme et sont amenés à tuer. D’autres, par contre, choisissent le suicide avec une détermination froide, tout aussi grande. Pourquoi la perte de son travail se transforme-t-elle de plus en plus aujourd’hui, pour les sujets, en une sentence sans appel, en bout de course ? Que se trame-t-il derrière les mots de ces nombreux patients qui affirment : « le travail est tout pour moi » ? La « société liquide » actuelle attribue au travail une valence différente au regard du passé : celui-ci n’est plus seulement un instrument pur de subsistance économique dans un monde structuré et capable de soutenir l’homme dans toutes les étapes de la vie, mais il se réduit plutôt à n’être qu’un des rares points d’accroche d’un lien social qui s’est délité, desserré en quelques générations. Nous sommes au temps de l’Autre qui s’affaisse et se révèle de plus en plus incapable de faire place au sujet. Dans ce moment de précarité, les activités fournissent une identification, car elles offrent des lieux où récréer les relations que l’hypermodernité a progressivement éliminées, reléguant les moments de convivialité à la sphère intime ou au monde virtuel. Parfois la perte du travail signifie la rupture soudaine de tous ces liens. Se dévoile alors la nature de sinthome que peut prendre un travail: « Élément réparateur […] guérison, élément thérapeutique »[i] capable de soutenir l’individu comme noeud portant de sa structure. Pour ce motif, « tout » accroc devient dramatiquement fonction ségrégante et totalisante qui absorbe et dévore les nombreux investissements affectifs qui font de l’homme un être qui commerce avec l’Autre. La clinique indique que ce sont les plus faibles structuralement qui sont appelés à être mis de hors les premiers. La mélancolie est un état de l’âme qui prépare aux passages à l’acte suicidaire. Il s’agit d’une condition d’exclusion ab initio, un hors compétition comme donnée constitutive de l’être. Dans la triangulation oedipienne, le mélancolique n’a pas trouvé main forte pour délimiter et protéger sa place. Porteur d’un caractère d’extrême fugacité, il occupe ainsi une position permanente d’objet, susceptible de chute.

Trouver un travail pour le mélancolique obéit à une nécessité de stabilisation de l’être et vise à conjurer la rechute dans cette position originaire de déchet. Quand le sujet perd son emploi, il est aspiré irrémédiablement vers cette position primordiale, porteuse en germes d’une sortie de scène qui rappelle le passage à l’acte, le Niederkommen dont parle Lacan : le se laisser tomber « […] est essentiel à n’importe quel mise en rapport soudaine du sujet avec ce qu’il est en tant que a ».[ii] Un travail est un point d’accroche formidable également pour les sujets de structure psychotique jusqu’ici non déclenchée. Ceux-ci, en perdant soudainement leur point d’équilibre, peuvent voir se concrétiser des fantômes persécuteurs qui les incitent à des passages à l’acte violents. Souvent ces actes sont directement orientés vers des dirigeants ignorants, des représentants régionaux, des employés de banque ou des immigrés, tous boucs émissaires, à leur insu, d’un Autre coupable d’être le mandant malveillant des difficultés du malheureux. Le gouvernement italien a récemment légiféré sur le travail, et l’a rendu plus précaire. Notre centre de psychanalyse appliquée a tenté de fournir des éléments de clinique différentiels au législateur, afin de créer, dans notre ville, un lieu d’accueil et de soutien, qui conjugue la recherche d’une issue aux problèmes économiques avec les instruments de la psychanalyse, en passant des « travailleurs » pris en masse, à la logique du un par un.

TRADUZIONE in ITALIANO

Iniziano spesso così le descrizioni di anonimi cittadini i quali, a seguito di un licenziamento, imbracciano un’arma e uccidono. Altri invece  scelgono con altrettanta fredda determinazione il suicidio. Perché perdere il lavoro, oggi, si tramuta sempre più in un’inappellabile sentenza di fine corsa? Quale è la trama dietro alle parole di tanti pazienti che affermano il lavoro per me è tutto? L‘attuale ‘società liquida’ attribuisce al lavoro una valenza diversa rispetto al passato: non più un mero strumento di sostentamento economico  in un mondo ben strutturato e capace di sostenere l’uomo in tutti i passaggi della vita, quanto uno dei pochi punti di tenuta in un legame sociale che è andato allentandosi nel corso di poche generazioni.  E’ il tempo dell’Altro che tramonta,  istanza sempre meno capace di dare posto al soggetto. In questo tempo precario l’occupazione  fornisce un’identificazione creando un ambiente nel quale ricreare quelle relazioni che la modernità ha progressivamente eliminato, venendo meno i momenti di convivialità  , sempre più relegati nel privato o nel mondo virtuale.  La perdita del lavoro significa a volte il venire meno improvvisamente  di  tutto questo. Ecco allora la natura  di sinthomo del lavoro . “Elemento riparatore […], una guarigione, un elemento terapeutico[1]” capace di sostenere l’individuo come nodo portante della sua struttura.  Per questo motivo diventa drammaticamante ‘tutto’, funzione segregante e totalizzante che assorbe e fagocita i tanti investimenti affettivi che rendono l’uomo un essere che commercia con l’Altro. La clinica indica che sono i più deboli strutturalmente quelli che per primi si chiamano fuori.  La melanconia è uno stato dell’animo che predispone ai passaggi all’atto di tipo suicidario,  Si tratta di una condizione di esclusione ab inizio, un fuori squadra come dato costitutivo. Nella triangolazione edipica il melanconico non ha trovato forti mani che ne abbiamo circoscritto e protetto il posto. Egli occupa così una posizione permanente di oggetto suscettibile di caduta, portatore di una provvisorietà radicale. Trovare un lavoro per il melanconico obbedisce alla necessità di una stabilizzazione dell’essere che mira a scongiurare la ricaduta nella originaria posizione di cosa. Perdendo il lavoro egli è irrimediabilmente risucchiato verso una posizione primigenia, foriera di un uscita di scena che richiama il passaggio all’atto, il niederkommen di cui parla  Lacan: il lasciarsi cadere ‘[…] è essenziale a qualsiasi improvvisa messa in rapporto del soggetto con ciò che esso è in quanto a[2]’.   Il lavoro è anche un formidabile punto di tenuta per soggetti con strutture psicotiche non scatenate, le quali perdendo di colpo il punto di equilibrio, vedono concretizzarsi fantasmi persecutori che armano le loro mani sino a passaggi all’atto violenti. Di solito rivolti verso ignari funzionari di apparati Regionali, o impiegati di banca, o immigrati,  emissari a loro insaputa di quell’Altro reo  di essere il mandante malevolo dei guai dello sventurato.   L’ultimo governo italiano ha normato il lavoro, rendendolo piu’ precario.  Il nostro centro di psicoanalisi applicata  ha cercato di fornire  elementi di clinica differenziale al legislatore  , cercando di creare in città un apparato recettivo e di sostegno,  che integri le questioni economiche con gli strumenti della psicoanalisi, passando dall’insieme ‘ lavoratori’, alla logica dell’uno per uno.

 

 

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Clinico Contemporaneo

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